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jeudi 21 mai 2015

La sauge : un peu d'histoire...

Autrefois on l’associait avec l’immortalité et la longévité. Salvia vient du latin salvare, "guérir", "sauver". Elle a traversé les siècles et les continents, aussi bien comme aliment que comme médicament, et ce depuis l’époque des pharaons. Les Grecs de l’Antiquité reconnaissaient déjà ses propriétés souveraines pour favoriser la digestion et traiter les infections des muqueuses, et ils l’offraient aux dieux, preuve encore de son caractère sacré.

Pour les Romains, c’était l’"herbe sacrée", qui se récoltait avec un cérémonial spécial, sans l’intervention d’outils de fer (on sait aujourd’hui que les sels de fer sont une substance incompatible avec la sauge !), "en tunique blanche, les pieds nus et bien lavés", après avoir sacrifié au préalable avec du pain et du vin. Ils étaient persuadés que non seulement elle protège la vie, mais qu’elle aide à la donner, "elle retient ce qui est conçu et vivifie". Ils la conseillaient donc aux femmes enceintes et à celle qui voulaient le devenir : elle devaient demeurer quatre jours sans partager la couche conjugale, boire une bonne ration de jus de sauge, puis "habiter charnellement avec l’homme", et alors elles étaient censées concevoir.

Au Moyen-Âge, elle gardera cette vertu de fertilité et sera souvent recommandée aux femmes enceintes, devant absorber une infusion de ses graines pour qu’elle "fixe le fruit dans le corps, le fasse grandir et le fortifie". Elle entrait également obligatoirement dans la composition des préparations aux noms évocateurs tels que des élixirs de longue vie qui tenaient la vedette dans la pharmacopée : eau d’arquebuse, eau céleste, eau impériale, etc., et un axiome proclame : "Pourquoi mourrait-on lorsqu’on cultive la sauge, si ce n’est qu’aucune plante des jardins n’est assez forte contre la mort ?". On lui attribuait alors le pouvoir de triompher de la mort.

Plus tard encore, les traités médicaux lui accordent une place considérable : "le désir de la sauge est de rendre l’homme immortel " ou encore : "elle a tant de vertus qu’elle passe dans l’esprit de plusieurs pour une plante universelle et propre à tous maux". L’abbé Kneipp fera cette recommandation : "aucun propriétaire de jardins n’oubliera, en le cultivant, d’y planter un pied de sauge."

Enfin, certains groupes d’Amérindiens mélangeaient la sauge avec de la graisse d’ours pour guérir les problèmes de peau. On l’a également utilisée pour traiter les verrues, ou encore pour lutter contre la peste, à l’époque des grandes épidémies qui ont ravagé l’Europe.
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