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jeudi 5 novembre 2015

Livre : Voir son steak comme un animal mort - Martin Gibert

Quatrième de couverture :
La plupart des gens désirent le bien des animaux. Mais voilà : ils aiment aussi leur steak. C'est ce qu'on appelle le paradoxe de la viande. Nous ne voulons pas voir que ce que nous mangeons, c'est de l'animal mort.
De plus en plus de chercheurs expliquent ce phénomène de «dissonance cognitive» par des pratiques sociales et des croyances qui visent précisément à occulter la souffrance animale. Tout converge pour nous convaincre, depuis l'enfance, qu'il est normal, naturel et nécessaire de consommer des produits d'origine animale. Pourtant, dans les faits, rien n'est moins vrai - tant du point de vue de la santé que de l'éthique animale et environnementale.

Dans cet essai accessible et engagé, Martin Gibert propose une synthèse des débats contemporains sur le paradoxe de la viande. Ce faisant, il présente le véganisme, un mouvement moral et politique en pleine émergence qui lutte pour la justice animale, sociale et environnementale.

Ce livre m'a été conseillé par Gwen du blog Un courant de vert, et je l'en remercie chaleureusement. Ce livre, malgré quelques défauts (selon moi), devrait être lu et relu par tout un chacun, végés convaincus, omnis dubitatifs et même carnistes militants, même si je doute que ces derniers y jetteraient autre chose qu'un coup d’œil méprisant.
Voir son steak comme un animal mort, c'est un livre engagé et sans concession rédigé par un philosophe, traitant de véganisme, et plus généralement de moralité et d'éthique. Il y explique de façon quasi mathématique pourquoi nous devrions tous être véganes, non seulement pour des raisons d'éthique animale, mais pour nous, pour l'humanité, son avenir, l'environnement, et pour des raisons sociales. Je ne vais pas faire le résumé de toutes ses thèses, d'autant que je n'adhère pas totalement à certaines d’entre elles, mais globalement, voici l'idée : ce n'est même pas le souci du bien-être animal qui est ou devrait être le principal moteur de l'adhésion à ce mouvement social et politique qu'est le véganisme, mais c'est le souci du bien-être de l'humanité toute entière. En effet, outre l'immense problème environnemental que pose la consommation de matières animales, c'est également un énorme paradoxe avec l'évolution de la pensée humaine envers les notions de racisme et de sexisme qui n'ont, au final, que peu de différences avec celle de spécisme qui, pourtant, est la base du carnisme que l'on voit émerger en réponse aux mouvements végé/véganes.
Je ne suis peut-être pas très claire, mais j'ai toujours eu des notes de merde en philo... 
Toujours est-il que, si je trouve le contenu de ce livre parfois un peu trop manichéen et trop porté vers l'aspect social, on y entrevoit également une réflexion extrêmement intéressante sur les mécanismes psychologiques de la consommation de produits animaux. Que l'on soit végé engagé ou omnivore convaincu, on ne peut plus, après la lecture de ce livre, nier que la consommation de viande est complètement illogique et portée par un paradoxe psychologique, nommé dissonance cognitive, qui n'a rien d'inné ou de génétique mais qui est construit dès la naissance par des mécanismes sociaux et culturels tellement bien ancrés qu'on n'a d'autre choix que de les concevoir comme complètement naturels.
Et donc, si je ne trouve pas cet ouvrage aussi accessible que l'annonce la quatrième de couverture, il n'en reste pas moins relativement digeste et surtout, il ne s'adresse pas seulement aux personnes presque convaincues, mais à tout le monde. Ce qui est dommage, c'est que comme je le disais, je ne pense pas que beaucoup de sceptiques n'iront prendre la peine de le lire...
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